Le Paradigme Kouchnérien

Publié le par Etienne Mercier

Que le titre ne vous affole pas. C’est simplement « le modèle de Bernard Kouchner ». Un modèle à ne pas suivre.

L’actualité va vite en ce moment. Depuis le départ de Chirac la semaine dernière et l’arrivée de son héritier sur le trône élyséen, que de « surprises », que de « découvertes !!!

Je commence par la plus dérisoire d’entre elles : le passage de Kouchner « côté obscur ». Pour ceux et celles qui cultivent encore un peu de mémoire politique, l’année 1994 fut un grand cru Kouchnérien.

Placé en 2ème ou 3ème position sur la liste européenne de Rocard, il avouera devant un congrès du Parti Radical n’avoir pas voté pour elle !

Un type qui se présente et va jusqu’à se trahir lui-même ne peut pas, quoi qu’on en dise, être un esprit relevant de la  même logique que moi. Se faire élire sur une liste et voter pour une autre concurrente, c’est le label Kouchner : soutiens moi, que je te tue.

Le problème c’est que le paradigme kouchnérien fait école ! Je passe sur Besson qui n’est jamais qu’un outilleur prompt à réparer des concepts de Droite comme des concepts de Gauche voire de les rendre compatibles. Les Partis sont pleins de ces technocrates susceptibles, jaloux de leurs prérogatives et prêts à tout trahir pour obtenir argent et reconnaissance.

Non ! Le paradigme Kouchnérien, contagieux, mortel, c’est celui d’un jeu global où ce sont toujours les mêmes qui gagnent, quitte à changer les règles en cours de route s’il le faut. Or, si ce n’était qu’un (vrai) jeu, s’il ne s’agissait pas de la vie des gens, nous pourrions regarder ça avec amusement ou mépris, selon. Mais nous sommes là sur des sujets on ne peut plus sérieux qui voient s’affronter deux visions de la société, de l’Europe, du Monde. Dès lors que vous faites la campagne de madame X pendant 3 mois en étant un de ses principaux soutiens médiatiques et que vous rejoignez son concurrent vainqueur en vous faisant embaucher sur un CDD, quelle lecture voulez-vous que le citoyen fasse ?

Finalement, tout ça ne peut pas être grave puisqu’à la fin chacun fait ce qu’il veut et peut être (un important) Ministre de Monsieur Y après avoir fait la campagne de Madame X !

C’est surtout le fruit de longues années de dérive de certaines personnalités socialistes. Cela conduit à un Parti Socialiste qui ne s’assume pas définitivement à Gauche face à un Sarkozy qui lui, n’a jamais fait aucune concession sur l’identité de Droite. Nous nous sommes fait imposer une course libérale que nous ne pouvions pas gagner avec ce dernier pied de nez de l’ouverture « centriste » comme ultime manœuvre du stratège Sarkozy !

Un parti socialiste dont la candidate, entre les deux tours de l’élection présidentielle, n’exclue pas un Premier Ministre centriste…

Votez donc ce que vous voulez, vous dis-je ! Selon l’humeur du moment, puisque la Gauche n’existe plus, que les « gens de valeur » peuvent être Ministres de Sarkozy et que ce dernier, devenu Président, fera feu de tout bois pour brouiller les messages.

Qu’on en juge : Grenelle de l’Environnement par Juppé d’ici octobre, largement approuvé par les acteurs de la sphère écolo ; Ministres « de Gauche » ; mise en place sous deux ans de la parité salariale Hommes – Femmes ; Monsieur HIRCSH à la manœuvre Social (qu’en penserait l’Abbé Pierre ?) ; « relance » de l’Europe avec une conférence de presse / plébiscite avec Baroso ; Rachida DATI Ministre de la justice…

C’est un immense tourbillon qui nous embarque tous et que nous cautionnons, assommés que nous sommes par les résultats et embarqués dans la querelle insensée du leadership à Gauche !

Le paradigme Kouchnérien, c’est du Chirac modèle 95 à la sauce Sarkozy avec l’aide de la Gauche en plus ! Tout promettre, tout dire ; faire en surface et durer au pouvoir.

Nous le savons : les Français vont souffrir : service minimum, retraites, heures supplémentaires flexibles et défiscalisées, travail étudiant et libéralisation des Universités ; Europe libérale en marche avec le traité « simplifié » ; quoi d’autre ?

Le chantier à Gauche c’est de reconstruire une Gauche qui s’assume, décomplexée et qui ne transige pas sur ses valeurs ni sur les Hommes et les Femmes qui les portent. Sinon, nous n’en finirons jamais avec ces querelles ridicules et dangereuses qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général. Et les citoyens ne le savent que trop bien ! Combien de personnes avez-vous croisées qui vous disent « je suis de gauche mais j’ai voté Sarkozy cette fois ci » ?  Passée la colère, méditons ensemble ce cri de désespoir qui, de Sarkozy dans les usines à Ségolène sur le balcon de Solférino, à poussé les citoyens, massivement, à faire le choix de garder les mêmes, pour changer les choses !

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