Gratuité des transports pour les Rmistes

Publié le par Etienne Mercier

Ce n’est pas mon genre de claironner, mais dans ce cas de figure, je fais volontiers une exception. Parce que l’action politique, à Gauche, lorsqu’elle débouche sur des faits aussi concrets, c’est une vraie satisfaction.

Donc dès demain, comme vous l’avez peut être lu, vu ou entendu, plus de 400 000 personnes allocataires du RMI en Ile de France pourront se déplacer gratuitement dans les transports (RATP, SNCF, OPTILE, soit Bus, Métros, Trams et RER…) dans la région. 

Or chacun sait bien que l’exclusion c’est le logement, l’emploi et la mobilité. La mobilité, pour quelqu’un en recherche d’emploi, en réinsertion ou en formation, c’est primordial. Or l’on connaît également les « choix » de beaucoup d’allocataires du RMI : ils ne se déplacent pas ou peu car le coût des transports est pour eux prohibitif ! Leur famille subissant de la même manière cette forme de ségrégation, on reste « chez soi » (lorsqu’on dispose d’un logement) et l’on vit son exclusion concrètement, loin de la Société qui travaille, de la culture, de tout et de tous en fait. Pas de travail, pas d’argent, pas de transports, c’est une manière de triple peine constatée partout dans les territoires en difficulté et notamment en Seine Saint Denis. Or l’isolement créé par cette exclusion de fait crée des zones où les populations sont socialement et économiquement enclavées. Donc cette mesure, au-delà de son aspect d’aide à l’individu, est également une mesure économique et de solidarité à l’égard des populations les plus touchées sur notre territoire.

Elle ne vient pas seule car depuis mars 2006, c'est-à-dire depuis que nous dirigeons le STIF, nous avons fait progresser le service public des transports : Une plus grande justice en supprimant les zones 7 et 8 de la carte orange ; en instaurant le ticket horaire, en augmentant l’offre sur tous les réseaux  - en instaurant le service de nuit avec Noctilien, en augmentant l’amplitude horaire le week-end ou encore avec de nouvelles infrastructures comme le tram-train d’Aulnay-Bondy ou encore celui des maréchaux sud de Paris…  

Pour revenir à la mesure de gratuité pour les allocataires du RMI, il est vrai que l’effort sur mon budget est conséquent : 87 millions d’Euros. Mais je suis persuadé que la prochaine équipe gouvernementale saura nous donner les moyens de continuer notre action – et de faire mieux et plus – qui touche tous les usagers d’Ile de France, quelle que soit leur « origine sociale » ou géographique.

En attendant, le moment est « savoureux » et politique. Voilà effectivement une mesure de Gauche, décidée par la Gauche et mise en place par la Gauche. Comme quoi il est des actes plus éclairants que des débats et des déclarations d’intention. Et ce n’est pas de l’assistanat ! C’est une mesure qui, au contraire, remet les moyens entre les mains de celles et ceux qui veulent s’en sortir, au lieu de procéder aux sempiternels allègements de cotisations sociales dont les gros employeurs profitent avec un « retour sur investissement » souvent très « décevant » en matière d’embauche... Cette fois ci, le Rmiste, peu suspect de vouloir se délocaliser, sera le bénéficiaire d’une aide qui – de fait – l’incitera à bouger. Ma conviction est que c’est l’ensemble du territoire Francilien qui profitera de ce changement et que ce genre de mesure fera, avec d’autres, bouger les choses notamment s’agissant des « quartiers ».

Enfin, je me dis souvent qu’il faudrait remettre les choses à l’endroit. Ce réseau de transports franciliens, certes perfectible, est extrêmement performant et beaucoup dans le monde nous l’envient, jusqu’à la qualité et la compétence de ses agents. Ce réseau, routes comprises, les entreprises en profitent pour se développer, que ce soit pour acheminer leurs marchandises ou pour transporter leurs employé(e)s. Transporter tout le monde, c'est-à-dire rendre accessible le réseau aussi du point de vue du coût, c’est remettre du service public là où il est essentiel.

Toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagnés, Jean Paul HUCHON et moi-même, dans cette démarche, peuvent aujourd’hui en être fiers. C’est un acte (re)fondateur !

 

 

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