L'échec de Ségolène va coûter cher au peuple Français
Je suis de celles et ceux qui pensent depuis fort longtemps que Ségolène Royal n'était pas apte à gagner l'élection présidentielle.
Sa ligne politique n'avait pas d'espace pour exister et mobiliser les Français. Nous avons gagné les cantonales, les régionales et les élections européennes sur des engagements clairement à Gauche. Il faut bien dire que ce n'était pas le cas du « pacte présidentiel » qui sur bien des points restait d'une grande timidité.
Pourquoi cet échec grave alors que "la victoire ne devait pas échapper à la Gauche" après 5 ans de gestion calamiteuse par la Droite ?
Il y a probablement nombre de causes et le comportement à éclipses de notre candidate a pesé car les Français avaient l'impression de ne pas savoir où on les menait.
Il y a aussi des causes programmatiques avec des propositions qui ne tranchaient pas toujours avec celles d'autres candidats d'où les facilités pour des électeurs socialistes de passer directement chez Bayrou jugé souvent plus capable de battre l'épouvantail Sarkozy au deuxième tour.
Le financement du Contrat Première Chance n'était pas établi avec des régions qui commencent sérieusement à manquer de ressources. L'avenir des jeunes n'était guère assuré.
En ce qui concerne l'intégration, la question des discriminations était assez floue et le « coup » du drapeau français a fait frémir nombre de socialistes convaincus qui voyaient là un penchant nationaliste bien loin des enseignements de Jean Jaurès.
Les brigades des mineurs et les centres renforcés encadrés par des militaires étaient suspects et critiqués même par les militaires.
La régionalisation utilisée comme réponse à la délicate question de la réduction des services et donc des effectifs de l'Etat ne pouvait séduire une grande majorité de notre électorat traditionnel. Les intentions en matière fiscale comme en matière de péréquation n'étaient d'ailleurs pas expliquées.
La démocratie participative apparaissait un peu comme une tarte à la crème d'abord parce qu'elle n'était guère définie comme une obligation et qu'elle aurait été traduite au gré des collectivités. Mais Ségolène est apparue aussi vraiment incertaine dans son débat télévisé contre Sarkozy, en promulguant ce recours permanent au dialogue avec des échantillons de français qui lui servaient à cacher un manque d'avis personnel sur des questions essentielles.
Ce duel médiatique a montré des qualités certaines de notre candidate et notamment sa pugnacité, sa force, sa volonté et des valeurs de gauche sur nombre de questions. Mais elle n'a que trop rarement déstabilisé son adversaire, ne répondant pas aux attaques insupportables sur François Hollande ou ne poussant pas son avantage quand le candidat de droite était gêné. L'aumône des 3 minutes dépassées pouvait dès lors apparaître comme la dernière claque à l'élève.
Cela faisait déjà pas mal de dégâts potentiels.
Les gènes responsables de la pédophilie et des suicides devront attendre du 26 mars au 06 avril pour émouvoir notre candidate et elle a attendu le 11 avril (16 jours) pour dénoncer réellement le danger Sarkozy !
Interrogée sur les attentats en Corse, elle déclare « ne pas vouloir polémiquer avec la Droite sur ce sujet » et « ne pas vouloir parler de ce qui ne va pas ».
Interrogée sur le terrorisme en Irak, elle écarte la question par une pirouette « Poseriez-vous la même question à un homme ? » Et puis, rien. Surréaliste !
Interrogée sur les baisses d?impôt, elle répond « On verra. Mon gouvernement règlera ces problèmes ».
Sur Cesaré Battisti, elle dit qu' « elle n'a aucun commentaire à faire » et que cette affaire « ne regarde que l'Italie et le Brésil ».
Tout cela cumulé et j'en ai oublié pas mal, cela faisait trop de non-réponses face aux attentes et aux inquiétudes réeles des Français !
Il reste à encaisser cette nouvelle défaite et en analyser les causes. La Gauche est certainement à repenser et l'aventure Ségolène peut d'ailleurs en être un des éléments, mais sûrement pas l'élément central.
Il y a danger et donc il y a urgence et l'on ne peut se permettre de repousser une recomposition d'une Gauche qui aujourd'hui est vitale. Il faut réagir dès cette semaine et ne pas céder aux contraintes externes comme nous l?avons fait après le séisme de 2002. La Gauche, fière de son « chiffon rouge de la liberté » pèse plus de 36,40 % dans ce pays.