Le mépris de Valérie Pecresse et Xavier Darcos
Le rejet des réformes universitaires ne date pas d’hier. En fait, depuis septembre 2008, les universitaires se sont mobilisés à travers des centaines d’actions non médiatisées ( motions, pétitions, protestations syndicales, etc…) sans que les ministres ne daignent bouger. C’est pour cela que la crise vient aussi d’un fort rejet de la façon dont on gouverne ce pays, sans respecter les citoyens.
Cette révulsion de la réforme, partagée par toutes les composantes de la vie universitaire, et par de très nombreuses personnalités prestigieuses, des Nobel, vient du fait que si elle s’applique, elle créera une énorme armée de vacataires porteurs de contrats précaires dans l’éducation nationale. Ce qui fait peur, c’est l’expérience de cette logique bureaucratique qui a vu par exemple baisser le nombre de postes ouverts au CNRS de 406 à 300 en deux ans.
Mais le rejet vient aussi du fait que l’on vit une crise morale et politique dans ce pays et le comportement inflexible et hautain des ministres n’est pas fait pour calmer les esprits.