Fausse liberté

Publié le par Serge MERY

On l’a bien compris, le programme politique du nouveau Président de la République tient en un seul mot : « Libérez ».

Ainsi, liberté est donnée aux ouvriers et employés de travailler davantage. Il n’a sans doute jamais occupé de fonctions ou le travail est usant, physiquement ou nerveusement.  Je pense aux métiers du bâtiment, des travaux publics, aux infirmières, aux métiers dangereux, aux chaînes infernales… métiers qui méritent  du temps de repos car le travail écrase les employés. Je pense à celles et ceux qui ont des temps de déplacement exorbitants qui ajoutent à la pénibilité de l’emploi. Enfin, je pense aux trois millions qui voudraient bien commencer à trouver un vrai travail.

Ainsi, liberté est donnée aux riches de s’enrichir un peu plus de façon décomplexée : le bouclier fiscal annoncé comme une grande réforme ne touchera que environ 1% de notre population et ce n’est pas à Epinay qu’on les trouvera !

Enfin, liberté est donnée de choisir l’établissement scolaire de son enfant. Ce dernier point est aussi très parlant : la carte scolaire est d’abord une obligation pour l’Etat. Elle offre la même chance à tous les élèves quel que soit le quartier où ils habitent. Demain ; les parents auront le choix de l’établissement. A eux de bien choisir !

Ce n’est qu’une fausse liberté car le choix n’est qu’apparent. En fin de compte, c’est le chef d’établissement qui décidera de l’inscription ou pas. Evidemment, il préfèrera le bon élève au moyen.

L’exemple tout récent des Pays-Bas devrait nous faire réfléchir. En trois ans, on constate déjà l’existence de villes où la ségrégation sociale dans les lycées explose.

Chacun peut bien mesurer le danger d’une école de la République, pour la République, qui serait détruite au profit d’écoles pour les riches et d’écoles pour les pauvres, d’écoles pour les chrétiens et d’autres pour les musulmans, les juifs… La ségrégation n’a pas de limites mais alors, il n’y a plus de République ni de laïcité.

La liberté ne se trouve que dans la justice. La Droite ne l’a pas compris. Pourvu que la Gauche ne l’oublie pas.

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