Le débat doit avoir lieu !

Publié le par Etienne Mercier

Mon précédent post «l’échec de Ségolène… » suscite des réactions nombreuses, sur mon blog, par téléphone… et par « retour »  ou « on dit »… Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne souhaite blesser personne ni désigner telle ou tel comme responsable de la situation.

En revanche, j’entends que chacune et chacun prenne ses responsabilités. Tirer à boulet rouge sur Ségolène ROYAL n’est pas responsable et est malhonnête. Ce n’est pas ce que j’ai fait. J’ai, sur ce blog, plusieurs fois, avec modestie et en responsabilité, exhorté les hésitants à voter Ségolène ROYAL : sur l’école, le pouvoir d’achat, la sécurité, la politique de la ville (…), concluant même par «  La population d’Epinay sur Seine a besoin de la victoire de Ségolène. Il faut la lui offrir ! ».

J’ai fait campagne, avec mes moyens – ce blog entre autres – et mes convictions. Pour ma part, j’ai commencé à lutter contre Sarkozy dès 2002 où déjà à l’époque l’on voyait nettement les intentions du personnage. Depuis, je n’ai cessé de livrer ce combat dans ma ville d’Epinay-sur-Seine et j’ai longtemps été seul de ce point de vue. Aujourd’hui, la défaite est malheureusement très nette alors que tout laissait penser il y a un an - après le CPE notamment -  que la victoire ne pouvait nous échapper. C’était d’ailleurs l’argument principal des soutiens de Ségolène.

Alors présenter un score inférieur à 47% comme une victoire relève de l’imposture et est dangereux.

Je ne tire pas sur l’ambulance mais je refuse, en même temps, de me voiler la face. Evidemment , des Camarades bien intentionnés – notamment à mon égard – brandissent la baïonnette et crient « Trahison ! ». Au-delà de ma personne, ce qui est inquiétant c’est que soit réhabilité le délit d’opinion. Ayant alerté depuis longtemps du danger de certaines propositions de Ségolène et par ailleurs fait un autre choix au moment du vote d’investiture, mon droit a la critique est fondé et se justifie par la situation actuelle. Et bien compris, les commentaires agressifs et menaçants à mon endroit - que je ne souhaite pas publier pour les plus injurieux -  n’honorent pas leurs auteurs qui prouvent par leur attitude et leur propos la difficulté au Parti socialiste de faire valoir un point de vue différent. Pour autant, je n’ai – pour ma part – JAMAIS CRITIQUE le Parti socialiste et sa candidate pendant la campagne. Je n’ai pas goûté les déclarations de Michel Rocard, Hubert Védrine, Claude Allègre, Bernard Kouchner (…) sans parler d’Eric Besson qui, tous, avaient signé au bas du texte de congrès avec mes détracteurs d’aujourd’hui.

La gauche connaît une grave crise et au cœur du problème, le Parti socialiste, sans qui rien ne peut se faire, est écartelé entre ceux qui veulent faire un grand parti démocrate à l’américaine avec BAYROU et celles et ceux qui veulent simplement faire de Ségolène ROYAL le nouveau chef de l’opposition, sans rien changer finalement sur le fond.

Enfin, je lis que Ségolène a été victime de toutes les campagnes et les procès en incompétence ainsi que d’une presse hostile. Moi aussi, je trouve cela ignoble et surtout injuste. Mais quel naïf ne s’attendait pas à cela - même de son camp - et pourquoi ce reproche devrait m’être adressé en particulier ? Lorsqu’elle a remporté l’investiture au premier tour avec 60% des voix des socialistes, le minimum était d’être magnanime avec les 40% restants et de rassembler le plus largement possible sa famille politique. J’ai vu, moi, comment ses partisans, à Epinay notamment, tentaient de rassembler. L’adhérent historique que je suis en est sorti meurtri. Mais debout. Et c’est une nouvelle leçon que cette affaire. La même que celle du référendum sur le Traité de constitution européenne. On ne traite pas le peuple et les minorités par le mépris. On l’on s’attend à en payer le prix fort.

Cela mérite – a minima – une discussion franche et sereine. Car ni l’une ni l’autre des postures ne me conviennent et sont propices à redonner l’espoir à gauche. Et j’ai bien l’intention, via ce blog entre autre, de faire valoir mes points de vue  pour participer à l’indispensable redressement de la Gauche. Ceci est ma position. Et je n’ai pas l’intention de la taire. La démocratie ne peut faire l’économie d’un débat.

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Hervé 11/05/2007 17:15

Je suis d'accord sur l'essentiel. Je trouve que certaines réactions sont curieuses. Vous êtes très attaqué monsieur mery. Mais sur le fond, vos réflexions sont justifiées. J'ai l'impression que ce sont les socialistes qui vous attaquent. Drôle de parti. Courage. mes amis d'Einay et moi à Saint-Ouen, on vous connaît  et on vous aime bien. Hervé
PS : j'ai adoré "ma bobine partout". C'est tellement ça ! Continuez !
 

 

Edgardo Honores 11/05/2007 14:02

cher camarde, je lu avec attention ton opinion sur la défaite que nous venons de subir.
je me rappelle qu'il y quelques congrées tu es venu a défendre la motion majoritaire de l'époque.
tu nous a dit et donné une leçon de militantisme de la Seine Saint Denis, que les batailles se gagnent militant sur le terrain, distribuant des tracts, collant des affiches, faisant de porte a porte pour convaincre.
je déplore que cette leçon de militantisme, tu l'ai pas appliqué dans cette bataille électoral.
tu ne peut pas critiquer quand toi même a été absent et tu as rien fait pour gagner.
que je sache, nous n'avons jamais eu un bilan de ton action, pourtant il y a des camarades, élus de notre département, qui le font régulièrement.
mes amitiés socialistes
Edgardo Honores