Indécence !

Publié le par Etienne Mercier

Côté démagogie et cynisme, on peut dire qu’on est servis ! Et la méthode – très en vogue dans ce genre de moment politique – qui consiste à dresser les pauvres contre les précaires, eux même contre les immigrés, etc. bat sa pleine mesure ! Ainsi, alertées par des commentateurs bien intentionnés, des personnes sincères viennent à moi pour dire qu’elles ne trouvent pas normal que les Rmistes ne payent pas leurs transports alors que les smicards payent plein pot ! Bigre ! En voilà une drôle de compétition !  Chômeurs contre smicards contre Rmistes ! Et vice-versa. ..

 

Je ne vais évidemment pas vous refaire l’argumentaire de mon précédent post. Je vous invite à aller regarder par vous-même « l’esprit » de la mesure. Je rajoute pour plus de compréhension que d’un point de vue général, cette mesure fait partie d’un tout  cohérent et qu’elle ne représente qu’1,27 % sur un montant annuel pour les transports de 7 milliards d’euros. Il faut donc « relativiser » le coût de cette mesure.

Par ailleurs, ce geste en direction des Rmistes n’est pas exclusif de toute autre politique. Ainsi que je l’écris dans une Tribune libre à paraître dans le quotidien L’Humanité, lorsque nous inventons un nouveau train pour les banlieues, lorsque nous mettons plus de trains, de bus et de métros pour les franciliens, lorsque nous élargissons les horaires du réseau, lorsque nous offrons la carte Imagine ’R à 750 000 jeunes, lorsque nous multiplions les services de nuit, lorsque nous supprimons les deux zones les plus chères de la carte orange, lorsque nous créons un nouveau billet » ticket T Plus » valable 1h30, lorsque nous agissons sur l’accessibilité, la sécurité…c’est pour tous les usagers que nous agissons, sans critère de ressources.

 

Je ne vais pas aller plus loin. J’aurais juste un mot à ajouter sur ces thématiques : la Gauche agit en fonction de l’intérêt général et en direction des plus faibles. Etonnant non ? Aurait ponctué Desproges sur cette Lapalissade politicienne.

 

D’une certaine manière, il est surprenant d’observer que l’on nous reproche de mener des politiques pour lesquelles nous avons été élus par le peuple. Tout simplement. Il serait donc curieux que nous ayons à nous en excuser.

 

Sur le terrain, jour après jour, je constate les dégâts causés par une politique de développement non solidaire et régie par la loi du plus fort. Ces dégâts sont considérables et ni la France, ni les Français en dehors de quelques privilégiés, n’ont pu tirer parti de cette situation. Ceux qui aujourd’hui hurlent avec les loups sarkozystes sont bien en peine de régler le problème des banlieues, la disparité des salaires, la pollution (…). Et puis en voilà une discrimination « positive » : augmenter le SMIC et rendre accessible aux Rmistes le réseau Francilien des transports. Opérer un rattrapage en quelque sorte…

Mieux répartir les fruits de la croissance, permettre la mobilité de tous, donner un toit à chacun, durablement, c’est notre mission. Il ne faut pas la perdre de vue.

 

Se plaindre du reste, c’est de l’indécence.

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