L’Outre Mer en révolte

Publié le par Serge MERY

Si je ne sais pas, à cette minute, comment la situation va évoluer dans les Antilles et plus généralement dans les départements d’outre-mer, j’ai vite saisi que ce gouvernement n’avait rien compris à l’histoire et aux problèmes spécifiques de ces départements.

Après plus de 60 ans d’appartenance à la République, deux marqueurs démontrent à eux seuls l’inégalité criante entre les DOM et la métropole : le taux de chômage en moyenne trois fois supérieur dans les DOM, et le produit intérieur brut, en moyenne deux fois inférieur dans les DOM.

La réponse de Michèle Alliot-Marie de quadriller les Antilles avec 4000 gendarmes et policiers n’est certainement pas, après une longue inertie, de nature à calmer une crise installée dans une économie sinistrée.

Car, si la situation est aussi tendue aujourd’hui, cela résulte en grande partie du dédain de ces dernières années envers nos compatriotes. Dédain, incompétence, surdité, autisme sont le lit du drame qui s’est déroulé mercredi, privant de vie un militant syndicaliste.

Il est grand temps d’arrêter les gesticulations et les réponses homéopathiques.

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ifrap 04/03/2009 15:13





| | Réagir | Partager 24 février 2009

Martinique et Guadeloupe : le manque de concurrence comme origine de la crise

Derrière l’augmentation importante des prix à la consommation par rapport à la métropole (de 20 à 60% selon les produits), le véritable problème des DOM est bel et bien issu des monopoles et du manque de concurrence.  Monopoles publics parce que les administrations des Antilles ont la haute main sur un certain nombre de services publics (ports, aéroports etc.) qui s’interfacent avec le monde extérieur et renchérissent d’autant le coût des produits importés (taxes et redevances aéroportuaires, octroi de mer etc.).  Monopoles privés, qui vont à l’encontre des règles de concurrence saine et non faussée prônées par Bruxelles y compris dans ces régions dites « ultra-périphiques » (RUP).

Pour pallier le renchérissement du coût de la vie lié aux monopoles publics et privés, la métropole dispense subsides et régimes dérogatoires officiellement pour contre-balancer les difficultés supposées nées de l’insularité. Exercice budgétaire après exercice budgétaire, ces financements publics sont distribués à fonds perdus.
L’économie de ces îles semble stagner et pourtant les transferts d’argent public n’ont jamais été aussi importants : près de 13,3 milliards € en 2009 vers les DOM/TOM, soit une augmentation de 3,4% par rapport à 2008. Une somme qui comprend 3,3 milliards d’aides européennes.
Les primes de 40% de majoration des traitements offertes aux fonctionnaires pour compenser la cherté de la vie représentent un transfert supplémentaire d’argent public de 1,5 milliard € [1], et sans compter les majorations versées au bénéfice des fonctionnaires en retraite (avec l’ITR : l’indemnité temporaire de retraite [2]) profondément réformée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009.
Des dispositifs fiscaux et sociaux dérogatoires
Quant aux dispositifs fiscaux et sociaux dérogatoires, ils sont également très largement dispensés :
 Exonérations des cotisations sociales propres aux DOM/TOM qui représentent 1,2 milliard €  Niches fiscales spécifiques qui représentent près de 3,3 milliards d’€, soit une progression de près de 11,8% depuis 2008, et ce, en dépit du plafonnement de la niche relative aux investissements locatifs outre-mer et le plafonnement global des niches fiscales.

Crédits budgétaires affectés à l’Outre-mer

Crédits budgétaires (en milliards €)Dépenses fiscalesSoustraction des crédits alloués aux Missions régaliennes de l’EtatTotal : Transfert net de l’Etat pour l’Outre-mer




13,3
3,2
-3,8
12,7





Répartition de l’enveloppe des transferts nets de 12,7 milliards


Collectivités d’outre-mer art.74 C (ex-TOM)
3,3


La Réunion
4,0


Guadeloupe
2,5


Martinique
1,9


Guyane
1,1




Entre chômage, taxes et sur-administation
Malgré cette avalanche de deniers publics, le chômage atteignait en Martinique 22,4% et en Guadeloupe 22% au second trimestre 2008, soit 3 fois la moyenne nationale, tandis que les allocataires du RMI étaient 4 fois plus nombreux dans ces départements par rapport à la métropole (2%). Enfin, l’évaluation du dépass

fulminator 24/02/2009 10:57

A ce que je sache, la situation était la même quand les socialistes étaient au pouvoir et que dénonce la député Taubira à juste titre.En tout cas, ce n'est pas aux contribuables de payer les 200 euros d'augmentation des bas salaires antillais