commémoration

Publié le par Serge MERY

Ce que j'ai déclaré lors de la commémoration des victimes de l’esclavage colonial Saint-Denis le 23 mai 2008

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Il y a un mois, j’étais présent aux obsèques d’Aimé Césaire à Fort de France.
J’ai pu, dans son île, constater la reconnaissance de l’œuvre de cet homme remarquable pour la cause des noirs.
Il est difficile en ce 23 mai d’échapper à cette figure tutélaire. Peut-être parce que, mieux que personne, il savait penser à ce qui avait fait naître sur « ces îles-là » les victimes de l’esclavage colonial.Mieux que personne, il savait penser qu’être un descendant de l’esclavage, c’est habiter « une blessure sacrée », c’est habiter « des ancêtres imaginaires », c’est habiter un « long silence ».
Ces quelques mots empruntés au « calendrier lagunaire » d’Aimé Césaire datent de 1982.
Depuis, ce « long silence » commence à être brisé.
Les « ancêtres imaginaires » portent des noms. Des prénoms. S’inscrivent dans des généalogies. Dans des filiations.
Le crime de « lèse humanité » est enfin reconnu.
La blessure est toujours aussi sacrée mais elle est désormais partagée par l’ensemble de la société française.
Depuis dix ans, grâce à cette journée du 23 mai, grâce à la mobilisation sans faille des associations de descendants d’esclaves, notamment des Antilles, c’est en effet à l’ensemble de la société française d’habiter son histoire.
Sans la falsifier. Sans la réécrire. En la regardant en face. Droit dans les yeux.
La mémoire des Français descendants d’esclaves doit être la mémoire de tous les Français. Elle est la mémoire de tous les Franciliens.

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fulminator 01/07/2008 11:58

Ce qu'on de dire, c'est dans la traite des noirs : tout le monde était complice et actif : les arabes, les rois nègres, les blancs.Alors arrêtons de vouloir culpabiliser seulement les Français.Je vous rappelle que l'esclavage en Mauritanie existe toujours !C'était une tradition chez les Arabes et entre les Noirs d'Afrique (revoyez l'excellente émission sur Arte à ce sujet).