collèges et lycées : la majorité départementale soutient le mouvement

Publié le par Serge MERY

Un fort mouvement est en cours dans de nombreux établissements scolaires du premier et second degré pour protester contre les suppressions de postes d’enseignants à la prochaine rentrée conduite par le Ministre de l’Education nationale Xavier DARCOS.

Depuis le 17 mars, ce mouvement rassemble plusieurs centaines d’élèves, d’enseignants, de parents d’élèves et leurs organisations respectives.
Dès septembre 2008, près de 400 postes disparaîtront en Seine Saint-Denis : 370 dans les collèges et lycées. 47 classes seront fermées dans le premier degré. Et les dispositifs d’aides aux élèves en difficultés souffriront de fortes baisses de moyens.
Dans chaque établissement c’est le même constat : une dotation horaire globale (DHG) amputée, de 1 à 10 postes mis à la trappe avec pour conséquence un affaiblissement constant du taux d’encadrement et une montée en flèche des heures supplémentaires.
La situation d’un certain nombre de nos collèges est préoccupante, les phénomènes de violence y sont en voie de recrudescence, les résultats aux examens y sont inférieurs aux taux nationaux. Le gouvernement, en poursuivant une politique uniquement basée sur la réduction des dépenses publiques (1 heure supplémentaire d’enseignant lui coûte par exemple 2,3 fois moins qu’1 heure de titulaire de poste), ne semble pas se préoccuper des conséquences à venir.L’argument avancé par le ministre de la baisse démographique n’est pas recevable.Tout d’abord il faut bien prendre conscience du caractère temporaire de cette baisse ; dès la rentrée 2011, les préadolescents du baby-boom de l’an 2000 seront accueillis dans les collèges et pourtant le président Sarkozy a annoncé le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux jusqu’à la fin de son quinquennat.
Par ailleurs, cette approche comptable n’est particulièrement pas pertinente dans notre département au vu de la crise que connaît aujourd’hui notre système éducatif. C’est pourquoi l’Etat devrait plutôt profiter de ce répit démographique afin d’améliorer le taux d’encadrement, de mettre en place de nouveaux projets éducatifs et ainsi favoriser de meilleures conditions d’enseignement.
Enfin, cette approche comptable du système éducatif va également à l’encontre des efforts des collectivités locales, et particulièrement du Conseil Général, pour la réussite scolaire et de bonnes conditions d’enseignement (constructions et rénovations de collèges, financement à 50% de la carte Imagin’R, instauration du quotient familial pour la restauration dans les collèges, équipement informatique pour les élèves de 6ème …). Le Conseil Général fait de l’éducation une priorité et souhaite encore renforcer son investissement pour la réussite des jeunes de notre département mais cela ne doit en aucun cas dédouaner l’Etat de ses responsabilités.
Notre action doit être complémentaire et non alternative.
Les choix politiques lourds de conséquences effectués par le gouvernement ne font qu’accentuer la fracture sociale d’ores et déjà alarmante dans notre département.
Pourtant il n’y a pas de fatalité. Le gouvernement FILLON s’il a tant besoin de réaliser des économies doit revenir sur les 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux faits l’été dernier aux contribuables les plus fortunés.
En ce sens, le Conseil Général de Seine Saint-Denis demande à l’Etat de prendre la mesure de sa responsabilité et donc :
-          de revenir sur la suppression des 370 postes dans notre département et sur la diminution constante de la Dotation Horaire Globale
-          de conserver le même taux d’encadrement, notamment dans les collèges, afin d’accueillir dignement à la rentrée 2011, les préadolescents issus du baby-boom de l’an 2000.
D’organiser une table ronde réunissant l’ensemble de la communauté éducative et les pouvoirs publics afin de s’attaquer au défi de la réussite éducative dans notre département.

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fulminator 21/04/2008 15:12

Et si on arrêtait avec les financements occultes des syndicats via les commités d'entreprise, qui coûtent chers aux contribuables, on ferait des économies de plus centaines de millions d'euros.Je vous renvoie au documentaire récent qui explique comment le comité d'entreprise de la SNCF finance les syndicats.Enfin, le Conseil général ne fait que redistruber un argent ponctionné sur le dos des contribuables corvéables à merci, qui n'ont, de plus,  même pas la possibilité de contrôler ses dépenses.

Liberté chérie 21/04/2008 09:54


Nous constatons une nouvelle fois avec les manifestations lycéennes du 15 avril, que

ces dernières sont monopolisées par les intérêts catégoriels des principaux syndicats d’enseignants [VIDEO] - FSU en tête - avec le soutien de certaines organisations de parents d’élèves et la bénédiction des organisations lycéennes comme la FIDL et l’UNL.
L’utilisation de la cause lycéenne pour préserver les représentants syndicaux de l’Education nationale d’une possible remise en cause de leurs privilèges entraîne une fois de plus l'immobilisme du pouvoir politique face à cette institution.
Ainsi, ce n’est pas le volume ou la quantité de moyens alloués à l’enseignement qui est gage de qualité, mais bel et bien le rapport d’efficacité entre les moyens engagés et les résultats escomptés. N’en déplaise aux partisans de l’abondance des moyens financiers et matériels, la France est mal située sur l’échelle de la qualité de l’enseignement.

Pour assurer un rapport effectif entre les moyens engagés et la qualité des résultats. Pour préserver à la fois le porte-monnaie des contribuables et l’éducation de nos enfants. Enfin, pour écarter la menace de l’influence de syndicats qui ne défendent au final que leurs propres avantages corporatistes, Liberté Chérie propose fermement un système concurrentiel au sein duquel le

chèque éducation permettrait aux familles les plus démunies de disposer d’un soutien exclusivement imparti aux dépenses de scolarité.L'analyse détaillée de Liberté Chérie, par Pierre Schweitzer :Manifestations de lycéens : une contestation rituelle et idéologique