Ecole : catastrophe annoncée

Publié le par Serge MERY

Le gouvernement démantèle le service public d’enseignement dans notre pays.
Avec 11 000 suppressions de postes cette année et 30 000 attendues l’an prochain, c’est des milliers de fermetures de classes, des augmentations d’effectifs ingérables, un appauvrissement de l’offre éducative, une régression sans précédent dans l’histoire de l’école de la République.
Ce sont des heures supplémentaires qui ne trouvent pas preneurs parce que les enseignants ont besoin d’un équilibre entre leur temps de travail et leur temps personnel et qu’une charge de trois heures supplémentaires est insoutenable.
Ce sont des programmes dans l’école primaire alourdis avec des horaires réduits et une école déstabilisée.
Ce sont des suppressions de certaines filières, un enseignement au rabais, des jeunes dont l’avenir se noircit dangereusement.
Dans notre académie, la plus fragile, ce sont 900 postes supprimés cette année dont 370 en Seine Saint Denis pour les seuls lycées et collèges. Huit classes fermées à Epinay sur 5 établissements du secondaire !
Alors que la période nécessiterait un investissement dans l’éducation, le gouvernement met en œuvre la casse du service public de l’éducation. C’est un choix idéologique tragique, une erreur impardonnable.

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Contre Fulminator 25/06/2008 19:22

Bonne lecture à tous les optimistesA faire suivre…ne pas lire le matin, pour passer une bonne journée à ne pas lire le soir,pour dormir sereinement à ne pas lire en début de semaine pour garder un rien d'entrain à ne paslire en fin de semaine pour profiter du week-end à ne pas lire avant lerepas, ni après d'ailleurs à ne pas lire un jour de pluie, ni de beau tempsà ne pas lire seul, enfin... Bon courage à nous !> La journée d'Enzo 3 septembre 2012 Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte lavieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle deJean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grandemarque. La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe.Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite quivient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pasplus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait larentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille damede 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plusgentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort.Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dansBANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaîtretoutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves endifficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; sonventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que dupain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjàplus payer la cantine.Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'écolematernelle n'est plus obligatoire,c'est un choix des mairies, et la mairiede son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousinBrice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3ans, mais ses parentsont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus,place à lamorale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler etapprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assezde personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèveschacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle,mais seuls les riches y ont accès.Mais Brice a moins de mal, malgré tout, àcomprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il vaà des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour lesdevoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit selever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aiderson grand-père, qui n'a presque pas de retraite. Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son amiSaïd est parti,son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur(un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïddans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n'oubliera jamais son amipleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il paraitqu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin ilmet du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui deson frère. Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il abesoin de lunettes.Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payerl'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens.L'an prochain Enzo devraprendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrerplus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gèreson école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pouréconomiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons.Les filles sont dans une autre école.Enzo se demande si après le CM2 il iraau collège ou, comme son grand frère Théo,en centre de préformationprofessionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeuxque toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu'il n'y aplus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailleren Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. Ladélocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant lavieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que çaapportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains ! Il lui tarde d'être à la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur desa maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dansl'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui aété renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste quifaisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elleapprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venaitrégulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeuxcernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est paspayée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir etfaire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans lesalon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer. Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbéGeorges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandementspar coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques.Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien… Enzo se demande pourquoi il est là.Pourquoi Saïd a dû partir.Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail.Pourquoi ils sont si nombreux en classe.Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année.Pourquoi il devra prendre le bus.Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages.Pourquoi on le punit ainsi.Pourquoi il n'a pas de lunettes.Pourquoi il a faim.Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours etles annonces du gouvernement trouvée sur le netSi vous ne voulez pas que vos enfants, petits-enfants, neveux, nièces,petits voisins, ..., deviennent des copains de classe de ce petit Enzo,faites suivre ce mail à votre carnet d'adresse. Il faut que tout le mondeprenne conscience que c'est ce qui les attend à plus ou moins court terme.Il faut que le ministère arrête de détruire l'Education Nationale.Merci pour eux.

fulminator 15/04/2008 09:10

Qu'on mette les 30 000 enseignants qui font tout sauf d'enseigner (décharge syndicale, mise à disposition) au travail !!!!!!!!!