JUSTICE ?

Publié le par Serge MERY

La Justice est symbolisée par une balance censée représenter l’équilibre, l’équité.

Mais lorsqu’on a le malheur d’avoir à faire avec la Justice, on se rend immédiatement compte que ces qualités mythiques ne sont qu’un rêve ou plus surement un cauchemar. L’égalité devant la loi est une pure mystification.
Je crois que c’est Platon qui, au travers du mythe de la caverne, nous fait entrevoir que les choses ne sont pas aussi égales qu’elles veulent bien le paraître. En matière de Justice, on se rend vite compte que la loi est très inégale ou plutôt qu’elle traite inégalement les Français. Le plus souvent, on retrouve les clivages de notre société : le puissant écrase le faible avec l’aide de la loi. Mais ce n’est qu’une généralité et quelquefois, l’inverse existe de façon tout aussi inéquitable et démesurée.
La loi, dans ce pays est de la responsabilité du gouvernement qui en est l’auteur soit directement, soit après passage devant le Parlement qui dans le meilleur des cas peut y apporter des amendements de détail. L’avis demandé au Conseil d’Etat peut à la rigueur améliorer le projet mais, même dans ce cas, un texte mauvais reste mauvais.
Le meilleur peut devenir le pire parce que la Justice est rendue par des femmes et des hommes dépendant plus ou moins directement du pouvoir exécutif. Et là, nous pouvons atteindre la partialité totale, l’incompétence, voire la malhonnêteté la plus inattendue de la part d’un tribunal qui utilise un dialecte souvent incompréhensible pour un non initié. Les juges peuvent interpréter les textes avec une telle marge qu’ils peuvent décider dans n’importe quel sens avec autant de force et sans aucun risque de contradiction. C’est ainsi qu’au lieu de corriger des injustices, ils peuvent les accentuer sans avoir à en rendre compte. La Cour de cassation n’étant compétente que dans la technique juridique.
Il est d’ailleurs dangereux de dénoncer ces réalités : un inspecteur du travail d’Epinal vient de se voir proposer une condamnation de deux mois de prison avec sursis pour avoir émis des doutes sur la compétence d’un procureur.
Un langage abscons n’évite en rien une facturation douloureuse. Au contraire. Un procès coûte cher, trop cher pour certains citoyens, ce qui rend l’inégalité devant la loi encore plus criante. Un divorce compliqué, avec rémunération de divers auxiliaires dont le rôle est difficilement justifiable, va grever le budget de chaque partie d’une quinzaine de milliers d’€ (près de 50 fois le salaire minimum).
Et "pour le prix", il n'y a même pas de Justice efficace. L’encombrement des tribunaux, la lenteur déroutante des procédures, parfois habilement mise à contribution par des avocats malins au profit de leur client, font que les délais ne sont plus raisonnables. Et pendant ce temps des drames peuvent se jouer. En février 2008, une vieille femme s’est immolée par le feu car elle n’en pouvait plus d’attendre qu’on lui rende justice. Mais ce geste de désespérée n’a semble-t-il ému personne et les affirmations du genre « la Justice doit protéger les citoyens » sont des paroles qui s’envolent. Comme s’envole l’idée de base du système français qui pose que c’est à l’accusation qu’il revient de démontrer qu’il y a une altération frauduleuse de la vérité. Dans les faits, c’est souvent la défense qui doit apporter les preuves de son innocence, ce qui n’empêche pas le tribunal qui a déjà son opinion, d’émettre des doutes qui engageront le reste de la procédure.
Les avocats constatent la dégradation de leur mission et éprouvent, pour certains d’entre eux un sentiment de malaise prononcé. Mais globalement personne ne s’attaque à cette grande question qui peut détruire des patrimoines, diviser à jamais des familles, mais aussi broyer des vies. En France, nous avons chaque année des centaines de petites affaires Outreau, mais comme elles sont « petites », nous n’en entendons jamais parler.

Dans les faits, la Justice est un service public qui n’est pas au service du public.

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fulminator 01/04/2008 15:15

Les avocats ont été épargnés, mais malheureusement, il y a un certains nombres qui sont  incompétents, et ou malhonnêtes, et ou procéduriers.A quand un organisme de tutelle au-dessus de l'Ordre des avocats, qui a trop tendance à se défiler face à ses responsabilités.

Ben 31/03/2008 22:50

Pas mal cette couleur, Serge !! Envie de jeunesse ?