HOMMAGES

Publié le par Serge MERY

Bonnemaison.jpgLe 30 janvier 2008 restera comme une journée de douleur et de peine pour la Gauche à Epinay sur Seine.
J’ai connu Jean Claude Quintric en 1971 en arrivant à Epinay sur Seine. Il était implanté comme un militant communiste consciencieux. Jean Claude était de toutes les luttes, ne comptant pas son dévouement, accrocheur, volontiers bagarreur, dynamique au-delà du raisonnable. Il aimait le contact et les gens l’aimaient bien. Finalement, nous nous ressemblions un peu et naturellement le choc de nos deux natures débordantes a eu lieu pendant de longues années de lutte. Nous nous sommes souvent affrontés dans les nuits sombres d’Epinay. Nous nous sommes mesurés dans les scrutins électoraux. Nous nous sommes retrouvés sur les mêmes bancs au Conseil régional et au Conseil municipal.
Et finalement, nous nous sommes appréciés et enrichis d’une réelle sympathie et amitié.
J’ai connu Gilbert Bonnemaison (photo) en 1969 lorsque je suis devenu responsable des jeunes socialistes du département. Pour moi, c’était une montagne et j’ignorais que nous ferions une si longue route ensemble. C’est, en effet fin 1970, que Gilbert m’a appelé pour militer à Epinay. Tout était à construire. L’aventure m’a tenté et j’ai ainsi débarqué mi janvier 1971 dans un immeuble flambant neuf de l’avenue de la Marne. 
Je ne peux retracer 37 ans de relations en quelques phrases. Je dirais rapidement que ce ne fut pas toujours idyllique et que les affrontements entre Gilbert et moi furent extrêmement violents. Toutefois, j’ai toujours respecté cet homme qui m’a permis de construire une organisation politique locale parmi les plus performantes du département. Avec Gilbert, rien ou peu de chose était impossible. 
Si je conserve une fidélité très ancienne avec certaines personnalités comme Claude Bartolone (ancien Ministre), si j’ai eu d’autres parrains en politique comme Claude Fuzier (ancien Sénateur maire de Bondy) et surtout Marcel Debarge (ancien Ministre), Gilbert était le socle local. C’est lui qui m’a imposé de passer par le suffrage des urnes. C’est lui qui, en m’achetant lui-même mon premier costume au Pavillon des Marques, a fait de moi un adjoint au Maire, puis un Conseiller général et enfin un Conseiller régional.
Ensemble, nous avons presque toujours gagné les batailles électorales. Il m’a montré le chemin en remportant le siège de Conseiller général en 1973, puis celui de Conseiller régional dans la foulée et enfin le siège de Député en 1981.
Travailleur infatigable, il traçait son sillon avec une vision peu commune de l’intérêt de sa ville. Souvent caricaturé, diabolisé parfois, soumis à la violence de certains de ses adversaires, il a pourtant su protéger notre cité d’une densification inhumaine. Il a pourvu Epinay d’une qualité de bâtiments scolaires exemplaire, de collèges et de lycées bien avant les autres communes et sans aide de l’Etat. Il a protégé notre patrimoine vert en s’opposant à tous les mercenaires de l’habitat de luxe qui lorgnaient sur notre front de Seine. Il a doté Epinay de lieux de soins modernes malheureusement disparus aujourd’hui. Il s’est passionné pour nos anciens. Il a construit une chaîne du sport modèle en France et a tant fait dans tous les domaines.
Simplement, il aimait sa ville et il aimait les gens d’Epinay sur seine.
Gilbert et Jean Claude sont morts le même jour, presqu’en même temps. 
Je suis terriblement triste.

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