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La Région



Vendredi 20 janvier 5 20 /01 /Jan 09:54

Qui est François Sauvadet ? Pas facile de trouver la réponse immédiatement. Pourtant, ce doit être un homme extrêmement important aux yeux de la gente policière de Seine- Saint-Denis.
En fait, ce monsieur est ministre de la fonction publique et il est venu, sans trop prévenir à l’avance, inaugurer jeudi midi, le restaurant du personnel de la préfecture.
Quelques syndicalistes l’ont appris en fin de matinée, et ont décidé, en tant que fonctionnaires de cette fonction publique, d’aller saluer le ministre en lui rappelant leurs revendications.
Lorsque je suis arrivé à midi sur le parvis de la préfecture où j’avais rendez-vous, j’ai immédiatement vu une quinzaine de quadragénaires, plutôt quinquagénaires passés pour certains, mais probablement très dangereux puisqu’ils étaient chassés et endigués par une centaine de policiers surarmés.
Face à la bonhommie des salariés, la panique semblait régner chez les policiers qui ne pouvaient tolérer qu’on vienne là, déranger par une présence visible, le geste inaugural de monsieur le ministre. Que venez-vous faire ? Dire bonjour au ministre ! Vous n’avez pas le droit. Et c’est la charge violente, stupide mais efficace des « gardiens de la paix ».
Résultat : deux leaders syndicaux durement interpellés, mis à terre, prenant des coups de matraque devant des femmes interloquées et se demandant encore quel danger elles pouvaient représenter avec leur petit drapeau syndical.
Les deux terroristes ont été emballés et relâchés huit heures après l’intervention des avocats, du président du conseil général dont le cabinet avait été témoin de cette scène incroyable et d’élus du département.
Le violeur de femmes, aperçu à Bobigny et dans d’autres villes, lui, court toujours.
Mais la police ne peut être partout. Vous en conviendrez. L’important est que le ministre n’ait pas été chiffonné par un groupe de porteurs de drapeaux et qu’il soit rentré dans son ministère avec l’idée du devoir accompli. Ouf !

Par Serge MERY
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Mardi 17 janvier 2 17 /01 /Jan 09:35

Des grandes tendances qui ne doivent pas grand chose à la politique menée depuis 2002 La baisse des vols de voitures et des cambriolages a joué un rôle majeur dans la réduction officielle de l’ensemble de la délinquance. Mais cette baisse avait commencé dans les années 1990, elle s’est juste accentuée dans les années 2000, et on ne voit pas très bien en quoi une politique particulière menée ces dix dernières années en serait responsable. D’autant que, les choses sont beaucoup moins claires pour les cambriolages qui semblent en recrudescence ces deux dernières années. En toute logique du reste, depuis 2002, face à une priorité nationale et à une demande sociale croissante, dotés dans un premier temps de moyens matériels et juridiques supplémentaires, les gendarmes et les policiers auraient dû courir davantage après tous ces voleurs qui sont au cœur de la « délinquance de voie publique » qui empoisonne parfois notre vie quotidienne. Mais il faut toujours rappeler que les statistiques comptent les procès-verbaux et non les délinquants. Dès lors, intensifier les procédures aurait fait augmenter les statistiques, ce qu’il ne fallait surtout pas. Cette contradiction laisse songeur qui veut bien y réfléchir sérieusement.

.Par ailleurs, le trafic de drogues s’est encore plus banalisé dans les cités, en liaison directe avec la misère qui est le terreau sans lequel il ne pousserait pas. Mais le pouvoir politique préfère afficher une statistique officielle de baisse des destructions-dégradations, plutôt que s’interroger sur les conséquences de la généralisation de cette économie souterraine de survie. Officiellement les drogues n’existent pas, elles sont interdites. Dans la vie réelle, elles sont consommées de plus en plus et on en trouve partout. Cherchez l’erreur... On l’a déjà expliqué, la prohibition est une politique de l’autruche. Et comme il ne s’agit pas non plus de laisser faire n’importe quoi, il faut emprunter la troisième voie : la règlementation.La France sera bientôt l’un des derniers pays européens à faire semblant de ne pas le comprendre.

 

Le véritable impact de la politique menée depuis 2002 se situe ailleurs

1- Entre 2002 et 2010, le niveau de répression a très fortement augmenté en matière d’usage de stupéfiants (+ 75 %) et de police des étrangers (+ 50 %). Dans ce dernier cas, il s’agissait de répondre aussi aux objectifs fixés par le pouvoir politique en termes d’expulsions de sans-papiers. Mais si ces infractions ont explosé dans la statistique de police, c’est sans doute d’abord pour une raison pratique : ces infractions sont par excellence celles qui permettent de produire de « bons chiffres ». Elles permettent en effet d’augmenter le taux d’élucidation : ce sont des affaires élucidées à 100 %. Les policiers et les gendarmes ont renforcé les contrôles sur leurs « clientèles » habituelles, ils ont fait du chiffre, de la quantité. Bien obligés. Mais parce qu’ils ont verbalisé davantage de consommateurs de drogues et davantage de sans- papiers, les policiers et les gendarmes ont-ils démantelé davantage de réseaux de trafiquants de drogues et de réseaux de travailleurs clandestins ? La réponse est négative. En 2010, les statistiques de police ont enregistré moins de 6 000 procédures pour trafic de drogues, soit deux fois moins qu’en 1998. C’est donc bien sur la piétaille que l’on s’est concentré et non sur les grands bandits.

2- Cette pression mise sur les forces de l’ordre et, concomitamment sur la justice, a provoqué une explosion du nombre de personnes placées en garde à vue, poursuivies et sanctionnées. La plus forte hausse aura été celle des gardes à vue : de 336 718 en 2001 à 580 108 en 2009 (soit une augmentation de 72 %), avant de baisser un peu du fait de la polémique déclenchée en 2010 et qui a conduit à la réforme organisée par la loi d’avril 2011, approuvée par le Conseil constitutionnel en novembre. En bout de chaîne, la population carcérale a également fortement augmenté entre 2002 et 2011. Les rues sont-elles pour autant beaucoup plus sûres aujourd’hui ? Cela est douteux.

 

3- Il apparaît que le type de délinquance qui a le plus évolué au cours des années 2000 est en réalité la délinquance routière. Incontestablement le rythme de réduction du nombre de morts et de blessés graves sur les routes s’est accéléré (le mouvement de baisse avait commencé au milieu des années 1970, en liaison avec l’obligation de port de la ceinture de sécurité), mais à un coût social très élevé. En moins de dix ans, le nombre d'infractions a doublé, la France s’est couverte de radars et le niveau de la répression a changé de braquet. De 2002 à 2009, les infractions au code de la route sanctionnées sont passées grosso modo de 13 à 21 millions (+ 60 %). Celles entraînant un retrait de points sont passées de 1,2 millions en 2002 à près de 6 millions en 2009 (+ 390 %). Plus des deux tiers de ces infractions ayant entraîné des retraits de points sont en réalité des excès de vitesse de moins de 20 km/h, dont les auteurs appartiennent aux deux sexes et sont de tous les âges. Les infractions constatées les plus graves (les délits) sont passées de quelques 257 000 en 2002 à près de 562 000 en 2009 (+ 120 %). Ce contentieux représente désormais plus d'un tiers de l'activité des tribunaux correctionnels (35 % des délits sanctionnés en 2010), ce qui en fait le type de délinquance le plus condamné par la justice.

 

La « guerre à la délinquance » n’a pas eu de vainqueur. En définitive, l’exceptionnelle « guerre à la délinquance » décrétée en 2002 a donc donné des résultats objectivement très décevants. Au bout de dix ans, force est de constater que le conflit n’a pas eu de vainqueur et qu’aucun armistice n’a été signé non plus. Les grands discours ne semblent avoir eu que de petits effets. Si les conducteurs sont beaucoup plus surveillés et sanctionnés et si les petits délinquants (« shiteux », sans-papiers, alcooliques, voleurs et bagarreurs à la petite semaine) qui constituent le gros des clients habituels des policiers et des gendarmes sont davantage réprimés, aucun des grands problèmes de délinquance n’a connu d’évolution radicale ou même très significative. Plus que jamais, la police et la gendarmerie servent avant tout les priorités d’ordre public de l’Etat et non la demande de sécurité des citoyens. Par ailleurs, les délinquances « en cols blancs » semblent quant à elles de moins en moins sanctionnées. Plus que jamais la justice s’abat sur les plus faibles.

(éléments tirés du journal Le Monde)

Par Serge MERY
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Lundi 2 janvier 1 02 /01 /Jan 10:44

Je sais qu’elle s’annonce difficile pour beaucoup de nos concitoyens. Mais c’est aussi une année où les espoirs peuvent renaître, où les égoïsmes et les discriminations
peuvent reculer.
Si l’Homme, et non pas l’argent, revient au centre des préoccupations, alors, cette nouvelle année sera utile.
Je vous souhaite une année où les mots : égalité, laïcité, fraternité, solidarité, morale politique auront tout leur sens Je vous souhaite une France différente où nous pourrons
tous ensemble emprunter de nouveau les chemins de l’espoir.
Je formule avec chaleur, pour vous et pour vos proches les meilleurs vœux pour 2012.
Bonne année.

Par Serge MERY
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Lundi 12 décembre 1 12 /12 /Déc 11:19

Je ne sais comment vous vivrez demain mais je sais que vous êtes issus de la grande famille de la gauche. Nous venons de quitter un siècle et nous savons ce que nous en avons fait. En 1794, la Convention a aboli l’esclavage, rétabli en 1802 et de nouveau aboli en 1848 par la deuxième République. En 1882, Jules Ferry fait voter contre la droite, l’enseignement primaire laïque, gratuit et obligatoire. Entre 1894 et 1906, toute la gauche lutte pour la révision du procès Dreyfus. A part quelques très rares exceptions, la droite insulte et menace les Dreyfusards. Elle tente même de tuer certains des plus connus comme Zola.
En 1900, Millerand (alors socialiste) fait voter une loi instituant l’inspection du travail avec une réduction du temps de travail. En 1905, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat est votée. En 1912, la gauche fait voter l’impôt sur le revenu. En 1936, Léon Blum fait voter les congés payés, les conventions collectives pour régler les conditions de travail et d’emploi dans les entreprises. En 1945, le système actuel de sécurité sociale est mis en place et permet aux salariés pauvres de se soigner. En 1981, la peine de mort est abolie. Les radios deviennent libres. L’autorité de la Cour européenne des Droits de l’Homme est acceptée. L’impôt sur les grandes fortunes est créé. (supprimé par la droite en 1986, il est rétabli par la gauche en 1988). La cinquième semaine de congés payés est mise en place. Entre 1997 et 2002, le chômage baisse de 1 million et 320 000 emplois sont créés pour les jeunes. Le pouvoir d’achat des ménages augmente de plus de 15%. Les comptes de la sécu enregistrent un excédent de 2,3 milliards d’€. Le budget de la recherche augment de 141%.

Aujourd’hui, tous ces grands rendez-vous sembleraient impossibles et pourtant la gauche l’a fait et nous sommes fiers de ce bilan. Demain, d’autres grandes réformes sont nécessaires. Elles peuvent être entreprises si nous nous en donnons les moyens avec une réelle politique de gauche. Avec vous, nous allons le faire. J’ai confiance car vous savez d’où vous venez.

Par Serge MERY
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Lundi 12 décembre 1 12 /12 /Déc 11:11

« La mise en service lundi de deux nouvelles rames, à deux étages et d'une capacité augmentée par rapport à celles qui circulent actuellement, vient clore un épisode de
tensions entre l'Etat et la Région datant de 2008.
En mai de cette année-là, en écho aux récriminations d'usagers, Nicolas Sarkozy avait déclaré que l'Etat (seul actionnaire de la RATP qui exploite cette ligne) était prêt à
«reprendre la main» sur la modernisation du RER A, déclenchant l'ire du président socialiste de la Région IDF et du Stif, Jean-Paul Huchon. » (Le Parisien.fr)
Si la région avait réagit à l’époque, c’était pour plusieurs raisons qui n’avaient pas été prises en compte par Nicolas Sarkozy, dont la seule préoccupation n’était pas les
voyageurs, mais de tacler les socialistes. D’autant que la Région et les Départements d’Ile de France sont les financeurs principaux des matériels (trains, trams, bus,
métros…..)
Les rames de RER qui vont circuler à partir de la semaine prochaine sont en fait des trains d’une génération dépassée qui n’offrent aucun des avantages des nouveaux trains circulant depuis peu sur le réseau H (gare du nord). Ils ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. C’est dire que pendant les quarante ans qui viennent, nous n’aurons pas d’accessibilité parfaite sur le RER A. Ils ne sont pas ouverts sur l’extérieur par de grandes baies vitrées, leurs portes sont moins larges et ils restent compartimentés en voitures fermées qui restreignent la sécurité.
Et, en ce qui concerne la capacité, il est faux de comparer les matériels de cette façon. En fait, on doit comparer les capacités en heures de transport. Un train à deux étages, formule qui est abandonnée par toutes les grandes métropoles urbaines, reste plus longtemps stationné aux arrêts pour que les flux de voyageurs s’opèrent. (Il est plus long de descendre un escalier pour rejoindre le quai par une porte étroite). Ainsi, en une heure, on fera passer 12 trains d’un seul niveau de 900 voyageurs soit
10800. On ne fera passer que 7 trains de deux niveaux de 1300 voyageurs soit 9100. A chaque heure, on perd donc une capacité de 1700 voyageurs avec ces « nouvelles rames ».
Avec l’intervention de Nicolas Sarkozy, on aura donc des trains d’une génération dépassée, non accessible aux personnes à mobilité réduite, moins sécurisants et qui feront perdre de la capacité aux transports sur la ligne A. Belle réussite de notre expert en transports urbains qu’est Sarkozy !!

Par Serge MERY
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